Critique « Christ’Off »

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À 33 ans, Christophe Lacroix, dit Chris, vit toujours chez sa mère Marie et son beau-père Joseph, de plus en plus irrité par la présence chez lui de cet éternel ado et musicien raté. Pris à la gorge par un créancier menaçant, Chris (Michaël Youn) quitte le foyer familial de Jugeals-Nazareth, en Corrèze, à la recherche d’un travail… ou d’un miracle. Celui-ci ne se fait pas attendre : Chris croise bientôt la route du père Marc (Lucien Jean-Baptiste), à qui il manquait justement un guitariste pour lancer le groupe de musique chrétienne qui devrait lui permettre de récolter des fonds pour les enfants d’Haïti. Affublé d’une soutane, Chris rejoint une folle tournée dans les paroisses de France, non sans susciter jalousies et soupçons…

Qu’on se le dise : la finesse n’est pas ce qui caractérise cette comédie potache, qui use et abuse de clichés éculés. Comment ne pas s’agacer de ces prêtres benêts (les autres membres du groupe des « Apôtres ») qui se signent de manière frénétique et distribuent les « mon fils » à tour de bras, quand ils ne sont pas castrats ou n’ont pas fait vœu de silence depuis trente ans. Enchaînant les références bibliques ou artistiques sur Jésus-Christ (la parodie du tableau de la Cène), et multipliant les blagues sur l’Eglise et celles en dessous de la ceinture, le long-métrage ne parvient jamais à exceller dans aucune de ses tentatives. Et si par moments « Christ(off) » se veut être politiquement incorrect, l’écriture des blagues et leur timing ne sonnent juste que trop rarement.

Michaël Youn a tendance à cabotiner un peu trop par moments, tout comme Jarry. Lucien-Jean Baptiste reste convaincant tandis que Bernard le Coq est plus en retrait dans son rôle de prêtre ayant fait vœu de silence (avec une ardoise lui servant de moyen de communication, ce qui donne quelques gags visuels faibles dans l’ensemble). Victoria Bedos, quant à elle, interprète le seul personnage féminin, mais l’évolution de sa relation avec deux membres du groupe, qui aurait pu être intéressante, est bâclée par le scénario. Du côté des seconds rôles, on peut noter un savoureux Simon Astier en moine agoraphobe et n’ayant jamais connu le monde extérieur depuis sa naissance. La petite apparition de Pascal le Grand frère est plutôt bien vue et assez inattendue.

Road-movie sur la création d’un groupe de rock catholique porté par un chanteur raté qui fait mine de revêtir la bure, la comédie franchouillarde atteint ici les limites du supportable. Humour gras XXL, variation christique d’une lourdeur infinie, acteurs en perdition, cette comédie de Pierre Dudan (coscénariste de « Babysitting 2 » et « Alibi.com ») devient rapidement un chemin de croix cinématographique.

Il ne nous reste plus qu’à vous dire… BON VISIONNAGE !!!

Bande annonce « Christ’Off »

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