Critique « Carnivores »

Mona rêve depuis toujours d’être comédienne.
Au sortir du Conservatoire, elle est promise à un avenir brillant mais c’est Sam, sa sœur cadette, qui se fait repérer et devient rapidement une actrice de renom.
À l’aube de la trentaine, à court de ressources, Mona est contrainte d’emménager chez sa sœur qui, fragilisée par un tournage éprouvant, lui propose de devenir son assistante.
Sam néglige peu à peu son rôle d’actrice, d’épouse, de mère et finit par perdre pied. Ces rôles que Sam délaisse, Mona comprend qu’elle doit s’en emparer.

En choisissant de porter à l’écran l’histoire de deux sœurs dans le milieu du cinéma, difficile de ne pas voir dans « Carnivores », une grosse part d’autobiographie de la vie des frères Renier (Retrouvez une interview de Yannick Renier ici ). Cet effet miroir est d’autant plus troublant et intrigant que le film parle de jalousie de l’une sur l’autre. Peut-être une manière d’exorciser certains démons ayant eu vraiment cours dans le passé de la fraternité ?

Mais si la première partie du film verse dans la psychologie et interpelle, la disparition de l’une des sœurs marque un point de rupture et fait tomber la seconde partie dans le domaine du thriller. Un film plutôt maîtrisé mais qui ne marquera pas les annales par son originalité. En revanche, les néo-cinéastes apparaissent comme de fins techniciens de l’image avec un goût certain pour les beaux plans. L’esthétique de leur film est soignée et laisse entendre de bonnes choses pour la suite. Leur manière de filmer tout comme le choix de leurs décors sont très travaillés et flattent la rétine de la plus belle des manières. Ils sont aussi à l’aise dans les ambiances sombres et dérangeantes que dans la retranscription du quotidien d’une famille. On aurait aimé cependant que leur long-métrage soit plus vénéneux, plus extrême, qu’ils osent plus sur la forme comme sur le fond.

Leïla Bekthi montre ici une nouvelle facette de son talent en incarnant la sœur dans l’ombre qui aimerait bien être la place de sa cadette. Zita Hanrot semble moins à l’aise et a du mal à faire sortir son rôle des clichés de la starlette débordée. « Carnivores » est très court et ne laisse pas à son public le temps de s’ennuyer, accaparé qu’il est à se demander où va l’emmener cette histoire plutôt imprévisible malgré des grandes lignes rebattues. Pour un premier long, c’est assez prometteur. Il y a en outre quelques invraisemblances et des choix narratifs discutables comme celui de pénétrer le monde du cinéma par le biais d’un metteur en scène et de son film très intello. Mais le voyage que nous proposent les frères Rénier est assez intéressant pour qu’on ait envie de voir la suite.

Il ne nous reste donc plus qu’à vous dire … BON VISIONNAGE !!!

Bande annonce « Carnivores »

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