Critique « Le rire de ma mère »

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Adrien, timide, n’a pas la vie facile. Bousculé depuis que ses parents sont séparés, il partage son temps entre son père et sa mère. Un jour, il prend conscience d’une douloureuse vérité qui va tout changer, non seulement pour lui, mais également pour toute sa famille. Le jeune garçon se met à jouer dans une pièce de théâtre pour se rapprocher d’une jeune fille dont il est tombé amoureux. Dans cette période difficile, il veut comprendre ce que signifie le fait d’être courageux.

Pour se lancer dans un premier long métrage, Colombe Savignac et Pascal Ralite n’ont pas choisi la facilité : s’intéresser à un jeune garçon qui a déjà dû affronter la séparation de ses parents et qui se retrouve face à la grave maladie de sa mère alors que lui-même est en train de rencontrer ce qui, pour lui, s’apparente à un premier amour, voilà qui peut générer un a priori défavorable chez les spectateurs en les conduisant à craindre la vision d’un mélo particulièrement plombant. Que les spectateurs se rassurent : sur ce sujet difficile, Colombe Savignac et Pascal Ralite ont réussi à éviter les écueils et ils rendent une copie dans laquelle flotte souvent un parfum poétique, dans laquelle la légèreté voisine avec la gravité et le rire avec l’émotion. Le choix de de placer le récit à la hauteur du jeune Adrien, le caractère des personnages et la situation familiale y sont pour beaucoup : un couple divorcé dans lequel les deux protagonistes ne se sont pas déclarés la « guerre », une très bonne entente entre la nouvelle compagne de Romain et son ancienne épouse, un jeune garçon en train de se construire et qui se demande si on peut apprendre à devenir courageux, tout cela concourt à totalement éviter le pathos et à faire de ce film, dans lequel rode pourtant la mort, un véritable hymne à la vie, plein de chaleur et de justesse. 

Les réalisateurs ont réussi à rendre tous les personnages attachants, et à faire partager au spectateur empathique le point de vue de chacun d’entre eux, ainsi que leurs moments d’intimité, de doute et de colère. Car ils ressemblent au commun des mortels, humains dans toute leur splendeur et bouleversants par leurs contradictions. Suzanne Clément prête son regard vif, sa silhouette gracile et son allure déterminée à ce personnage à la fois solaire et fragile pétri d’aspérités et de fêlures mais surtout de flamboyance. Le couple moderne et libre qu’elle forme avec un Pascal Demolon qui nous charme d’une émotion et d’une gravité qui contribue au maintien d’une poésie poignante et sincère, encore renforcée par la délicatesse de jeu de leurs partenaires, tout particulièrement celle du jeune Igor Van Dessel à la maturité étonnante.

Les scénaristes réussissent le tour de force d’éviter le pathos mais ils parviennent même à faire souffler sur cette histoire qui, a priori, ne se prête guère à l’hilarité, un vent de liberté. On s’attache d’emblée à cette famille à l’authenticité parfaite.Rendre légères les pires choses de la vie, voilà le pari gagnant de ces deux réalisateurs qui signent un hymne à la vie brillant de lumière et de rire.

Il ne nous reste plus qu’à vous dire… BON VISIONNAGE !!!

Bande annonce « Le rire de ma mère »

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