Interview François Troukens

Homme aux multiples casquettes et au parcours atypique, François Troukens est venu au Tournai Ramdam Festival pour parler de son film « Tueurs » (retrouvez la critique ici)

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis présentateur à la télévision, réalisateur de films, scénariste de BD et écrivain. Et alors, ex-braqueur avec 10 ans de prison et un changement de vie, que j’appelle la résilience.

Connaissiez-vous le festival avant de venir ?

Oui, Lubna Azabal, qui est actrice dans mon film et qui est la marraine du festival, m’en a beaucoup parlé et elle m’a dit : « Il faut que t’y ailles, c’est super ». On m’a dit que c’était un carrefour entre 3 cultures, il y a la France, la Flandres et la Wallonie. J’adore les festivals car j’aime rencontrer les gens, c’est pour ça que je fais ce métier. Pouvoir projeter un film et débattre, échanger.

Votre film entre bien dans le thème du festival.

Oui, le film et moi aussi, car je pense que je suis un personnage plein de controverses et controversés. Moi j’aime les polémiques, j’aime les débats.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

A la base, j’ai fais des études de réalisateur. Plutôt de photographe et je voulais faire vidéaste de film documentaire. J’ai fais un petit écart, je suis devenu garde du corps pour les hommes politiques et hommes d’affaires et puis ça s’est mal passé, j’ai perdu ma place et là, je suis devenu transporteur de fonds et je suis parti avec le contenu du fourgon. Pour me venger un peu de la société. Case prison, là j’y rencontre d’autres voyous, qui me propose de devenir un gros voyou, ce que je fais. Pendant 10 ans je fais ce métier là, braqueur. C’était un métier passionnant (rires). Avec au final, une addition assez lourde à payer puisque j’en ai fais autant en prison.

A ce moment-là, on se demande comment on fait et je me dis, il faut que je changes de vie, il faut que je sortes de cette spirale. Je m’ennuyais un peu dans ce milieu-là et je suis donc revenu à mes premiers amours : l’écriture et la réalisation. L’idée était d’utiliser ce négatif pour en faire du positif, me nourrir de ce vécu pour en faire du cinéma et raconter des histoires. J’ai fais une licence en lettres en prison et puis j’ai fais quelques films en prison dans ce qu’on appelle des ateliers de cinéma, avec différents réalisateurs. J’ai commencé à écrire ce long. En sortant de prison, j’ai d’abord fais un court-métrage. J’ai fais 5 films en tant qu’assistant. J’ai appris le métier sur le tas.

Je suis un cinéphile, j’adore le cinéma et je regarde 3-4 films par semaine. Je suis d’abord spectateur. J’adore les films de Melville, de Sautet, les films des années 70. Ce que j’appelle le cinéma populaire français, le polar, le film noir.

C’est donc de là que viens votre inspiration ?

Oui et je me disais, tiens, il n’y a plus en Belgique et même en France, ce genre de cinéma. Je revendique le film noir et populaire. C’est donc pour ça que j’ai voulu travailler ce genre de films. J’ai rencontré un producteur et puis je me suis mis à travailler.

Comment vous est venu l’idée de cette histoire, qui est inspiré des tueries du Brabant ?

J’habitais Braine-L’Alleud, à côté d’un Delhaize. Mon jardin jouxtait le parking de la grande surface et j’ai vu les victimes au sol, donc des gens de mon quartier, des voisins qui ont été touché. C’est quelque chose qui m’a toujours hanté. Donc je me suis dis, pourquoi ne pas raconter une histoire là-dessus. Mais c’est une fiction totalement, car ça se passe 30 ans plus tard, ils reviennent et effacent leurs traces. Ca se passe dans 2 milieux que je connais très bien: le grand banditisme et la politique. C’est une histoire qui a marqué tous les belges. Je voulais en faire cette histoire et ça a marché car les médias ont tout de suite été interpellé par le film, par ce que je racontais. Et puis j’ai été aidé par l’actualité qui m’a un peu rattrapé.

Comment avez-vous fais pour réunir ce casting ?

J’ai d’abord écris en pensant à Bouli Lanners que je connaissais. Quand Olivier Gourmet a dis oui, le reste a suivi. J’avais Olivier et Bouli, Lubna Azabal juste après. J’avais vu Kévin (NDLR : Janssens ), dans le film des Dardenne. Je l’avais trouvé formidable. Il parle pas français mais j’ai dis c’est pas grave. Il a appris le français sur le fil d’ailleurs. Quand j’ai eu ces 3 gros noms et puis Kévin, les gens se sont battus pour venir. Ils avaient envie de faire un film qu’on ne fait jamais en Belgique. J’avais donc un casting de dingue, donc j’avais même du mal à les caser, trop de noms,…

Quels sont vos futurs projets ?

Je suis en train d’écrire. Un nouveau long-métrage que j’écris et que je vais réaliser seul. Ce sera plutôt un thriller qui se fera entre la Belgique, la France et le Canada.

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