Critique « Le crime de l’Orient-Express »

Le luxe et le calme d’un voyage en Orient-Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les treize passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau.

L’acteur-réalisateur s’attaque à présent à un autre pilier de la littérature britannique : Agatha Christie. Il s’agit aussi de dépoussiérer le personnage d’Hercule Poirot qui, depuis le début du siècle, n’est plus que le rôle-titre d’une série anglaise qui fleure la naphtaline. En se donnant le rôle du célèbre détective belge, Branagh fait le choix d’en faire un véritable héros, au sens contemporain du terme.

Pour s’assurer de rendre sa capacité de déduction identifiable dès l’ouverture du film, il imagine une introduction pleine de rythme dans laquelle sa sur-intelligence apparaît à la fois comme un « super-pouvoir » et un effet comique, assumant ainsi de s’inspirer des récentes adaptations de Sherlock Holmes. Avec son jeu joyeusement cabotin, Branagh réussit toutefois en quelques instants à rendre son personnage suffisamment attachant pour jouer le jeu de se laisser embarquer dans un scénario dont la plupart des spectateurs connaît pourtant la fin. ce nouveau film n’aura modifié que certaines caractéristiques mineures des personnages, à commencer par leur nationalité d’origine, et ce afin de rendre plus crédible son casting. Le personnage principal lui aussi se voit d’ailleurs étoffé, puisque le scénario lui imagine les tourments d’un veuvage dans lesquels il se réfugie lors de ses moments introspectifs.

On peut donc affirmer que Branagh a été très fidèle au roman, comme l’avait d’ailleurs été avant lui Sidney Lumet dans la version de 1974 ; mais il a apporté un soin tout particulier à l’épaisseur psychologique de son propre rôle. les personnages secondaires qu’incarnent ces interprètes de talent n’ont pas de place suffisante au sein du récit pour leur permettre livrer une prestation qui puisse marquer le film. Cet état de fait est particulièrement vrai dans cette nouvelle version, où ils n’existent que dans leurs courts échanges avec Hercule Poirot puisqu’il apparaît évident que Kenneth Branagh prend un soin tout particulier à se rendre omniprésent à l’écran. Ce qui pourrait apparaitre comme un exercice de pur nombrilisme prend cependant tout son sens dans le dernier acte où le jugement moral du détective se révèle comme étant le véritable enjeu de cette intrigue.

La véritable plus-value de cette nouvelle variation est assurément à chercher dans sa qualité esthétique, et en particulier dans la direction artistique qui fait de ce train un lieu dédaléen propice à un thriller psychologique. La beauté apportée aux décors enneigés extérieurs a d’ailleurs poussé le réalisateur à exploser plusieurs fois la contrainte du huis-clos en permettant à ses personnages de sortir de leur wagon. Des respirations qui alimentent le rythme global du film et donc sa modernité. La question à présent est de savoir si Kenneth Branagh tiendra à retrouver son personnage d’Hercule Poirot pour de futures investigations. C’est en tout cas dans ce sens que va allégrement la scène de fin, mais seul le succès de cette production risquée pourra le transformer en point de départ d’une nouvelle saga sous forme d’héritage d’Agatha Christie.

Il ne nous reste donc plus qu’à vous dire … BON VISIONNAGE !!!

Bande annonce « Le crime de l’Orient-Express »

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