Critique « Grave »

Grave commence par un plan très anodin, d’une silhouette qui marche sur un bord de route, dont il est difficile de dire s’il s’agit d’un homme ou d’une femme à cette distance. Deux plans plus tard, c’est le choc (dont on ne dévoilera pas les détails). Cette gestion habile du banal et de l’inattendu, Julia Ducournau y aura recours tout au long du film, à diverses échelles : scénaristique, mise en scène et direction d’acteurs.
Grave raconte la première année de Justine en faculté de médecine vétérinaire. Végétarienne convaincue, tout comme ses parents et sa sœur aussi présente dans l’établissement, Justine subit le bizutage des premières années et doit ingérer de la viande. Commence alors un mutation, aussi dangereuse qu’irrépressible.
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Le visage qui exprime la transformation de Justine est celui d’un ange corrompu, une jeune fille pas encore tout à fait femme qui loin d’avoir les yeux emplis de cruauté pose plutôt sur le monde un regard mélancolique. Garance Marillier ne se contente pas de jouer juste, elle est la véritable révélation de Grave. La direction d’acteurs est impeccable, mais Garance Marillier sort du lot en nous prenant de court nos attentes : on la croit apeurée, elle devient séductrice dans la scène suivante ; elle prend goût à sa transformation, la voilà maintenant presque triste de cette révélation. Grave concentre une séries de thèmes qui auraient tous pu faire l’objet d’un film en soit : découverte de la sexualité, affirmation de soi, filiation parentale, etc. La polysémie du jeu de l’actrice recoupe donc celle du film. Le Mal est par nature intrinsèque à notre condition. Ou du moins à celle de Justine. Si l’on peut s’offusquer de cette idée, elle n’en est pas moins totalement cohérente avec tous les événements de Grave. Contre ce Mal inné, nous ne pouvons que tenter vainement de l’enfouir dans notre inconscient, dans l’espoir de le contenir dans la mesure du possible.
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Pour notre part, Grave est sans doute une belle perle belgo-française dont nous avons eu plaisir à découvrir et à dévorer, si j’ose le dire … Pour ce film imprévisible, nous lui donnerions la note de 8/10, ainsi qu’un coup de cœur sur ce mélange d’un « Massacre à la tronçonneuse » de Tobe Hooper et d’un « Psychose » d’Hitchcock, dont la réalisatrice a pu les découvrir et les apprécier dans sa jeune enfance. Ceci explique peut-être le mélange des genres et la spontanéité de son cinéma. En bref, nous vous le conseillons vivement !
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Je pense donc qu’il ne nous reste plus qu’à vous dire …BON VISIONNAGE !!!

Bande annonce « Grave »

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